la complainte de la butte

Publié le par chevalier


Un poète et une inconnue
S'aimèrent l'espace d'un instant
Mais il ne l'a jamais revue
 
Cette chanson il composa
Espérant que son inconnue
Un matin de printemps l'entendra
Quelque part au coin d'une rue
 
La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein de trous
 
La lune trop pâle
Caresse l'opale
De tes yeux blasés
Princesse de la rue
Soit la bienvenue
Dans mon cœur blessé
 
Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux
 
Petite mandigote
Je sens ta menotte
Qui cherche ma main
Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J'oublie mon chagrin
 
Je sens sur tes lèvres
Une odeur de fièvre
De gosse mal nourri
Et sous ta caresse
Je sens une ivresse
Qui m'anéantit
 
Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux
 
Mais voilà qu'il flotte
La lune se trotte
La princesse aussi
Sous le ciel sans lune
Je pleure à la brune
Mon rêve évanoui
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